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A mi-distance entre Gaillac et Albi, rive gauche de la rivière Tarn, se situe dans le petit village de
Lagrave.
Il domine une boucle de la rivière ainsi que l'embouchure des ruisseaux de la Saudronne et de
Riou-Frech. Entre
le Tarn et la Saudronne se découpe en forme de presqu'île la basse terrasse alluvionnaire dont
l'extrémité sud-est forme le tènement de
Troclar. Lieu où la tradition orale et quelques
découvertes fortuites dans le XIXème siècle ont toujours mentionné la présence d'un
monastère de moniales fondé par sainte Sigolène au VIIéme siècle. En 1815, pour en
conserver localement le souvenir, une pile (tour massive et informe) fut érigée dans le cimetière
de
Lagrave. Elle situe aussi l'emplacement présumé de l'église où repose le corps de Sainte
Sigolène et ses dépendances.
En 1971 au cours se l'extension du cimetière, la découverte d'un sarcophage en pierre déclencha une campagne de fouilles
afin d'évaluer la réalité des lieux (importants d'après les légendes), de retrouver l'église primitive et annexes afin
d'en reconstituer l'histoire.
Les travaux :
Troclar I
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14 sarcophages
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9 silos
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les 2/3 de l'église (bas-côté
N.E, la sacristie en totalité, la moitié du
choeur, le transept nord, le four du
bronzier, les vestiges du moule à cloche, de nombreuses sépultures en pleine terre et ossuaires)
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la crypte, où reposa le corps de Sainte Sigolène, ornée sur les enduits de chaux de fresques
représentant des draperies stylisées.
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Sous le niveau du sol de circulation des silos.
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Diverses monnaies se répartissant de 324 au XVIIème s.
Troclar III
est la continuité de la nécropole à sarcophage de Troclar I. Les plus belles formes y ont
été mises au jour. Les sarcophages, orientés ouest-est, sont datables du Vè siècle.
Des murs imposants existent, ils passent au-dessus des sarcophages, parfois les fondations ont brisé ses derniers.
A l'heure actuelle ces bâtiments ne sont pas datés. Une fouille plus étendue étant
nécessaire.
Troclar II
Situé au nord-ouest du cimetière, à 80m de l'église primitive, les travaux
réalisés de 1972 à 1974, ont permis de mettre au jour une habitation excavée de dimensions
modestes, 6m de long, 3.80m de large et 1.90m de profondeur. Cet habitat comportait un aménagement comprenant
un âtre avec conduit de fumée des niches à 0.80m du sol et un bat-flanc taillé dans la
sabline. Les différents niveaux d'occupation sont concrétisés par de la céramique
allant du VIème siècle. Dans ces niveaux de l'outillage métallique des foyers épars
associés à des restes de repas; deux monnaies - un as d'Agrippa 14 à 41
ap. J.C. et un dernier
Raymonden fin Xème siècle.
Troclar IV
Mitoyen au nord du cimetière de
Lagrave, le site de Troclar IV a vu se dérouler trois campagnes de fouilles,
1993 - 1994 - 1995. Sur une surface de 1400m2 81 silos ont été fouillés. Ils ont livré un
mobilier qui met en évidence la vie quotidienne du peuple dans le haut moyen-âge. Les céramiques,
nombreuses, lorsqu'elles ne peuvent être reconstituées possèdent des formes archéologiques
complètes. Trois datations au C14 confirment une période couvrant les VIIème au XIII siècle.
Plusieurs petits bâtiments, dont deux excavés et trois semi-excavés, confirment la légende qui
veut que ce soit en ce lieu que sainte Sigolène fonda son monastère avec hospice et hôtellerie pour
les Pèlerins. Les diverses monnaies rencontrées étayent les écrits de sa "vie". Le follis
Byzantin de Basile I de 870 - 879 conforte le passage de pèlerins de retour de Jérusalem, plus tard les
monnaies, coquilles saint Jacques, confirment le passage des pèlerins pour saint Jacques. Pèlerins en
provenance du PUY, du Valentinois...
Les petits bâtiments sont dans la tradition des premiers monastères à
"l'aure".
Qui était Sigolène ?
D'origine Franque Sigolène est née à Albi et a vécu entre 620 et 670.
Son père, duc, fut envoyé dans l'Albigeois par le roi d'Austrasie afin de contenir les attaques de
cette contée par les Aquitains. Sigolène fut mariée à l'âge de douze ans, veuve dix
années plus tard elle souhaite prendre le voile, souhait auquel son père s'oppose dans un premier temps.
Devant l'entêtement de sa fille le père se résigne et lui construit un
monastère, dans les terres
lui appartenant au lieu dit
Troclar, avec hospice et hôtellerie pour les pèlerins. La légende veut
qu'elle ait guéri des "lépreux et effectué de nombreux exorcismes".
En 1062, lors de la restitution de biens religieux détenus par des laïcs, il est fait la mention dans l'acte
qui remet les biens à saint Victor de Marseille, l'église où repose le corps de sainte
Sigolène.
Note : une église à Metz, capitale de l'Austrasie, sous le vocable de sainte Sigolène depuis
850, et les Carolingiens ont inclus Sigolène dans leur généalogie (ceci confirme son appartenance
à la nation Franque).
Le Musée
Le mobilier mis au jour sur le site de Troclar est exposé dans deux salles situées dans l'ancien
monastère du village. Il est ouvert toute l'année à la demande, les mercredis et samedis des mois de
juillet et août de 9 à 12H et de 15 à 18H.
Un nouvel espace d'exposition baptisé Archéocrypte est en cours de
réalisation dans l'enceinte du futur bâtiment culturel de
Lagrave. Son
ouverture est prévue pour juin 2002.
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