SAL
Touny
81150 LAGRAVE

Président et contats

Pierre Cabot

SAL
Section Archéologique de Lagrave

[ visitez aussi le site de la Sal ]

A mi-distance entre Gaillac et Albi, rive gauche de la rivière Tarn, se situe dans le petit village de Lagrave. Il domine une boucle de la rivière ainsi que l'embouchure des ruisseaux de la Saudronne et de Riou-Frech. Entre le Tarn et la Saudronne se découpe en forme de presqu'île la basse terrasse alluvionnaire dont l'extrémité sud-est forme le tènement de Troclar. Lieu où la tradition orale et quelques découvertes fortuites dans le XIXème siècle ont toujours mentionné la présence d'un monastère de moniales fondé par sainte Sigolène au VIIéme siècle. En 1815, pour en conserver localement le souvenir, une pile (tour massive et informe) fut érigée dans le cimetière de Lagrave. Elle situe aussi l'emplacement présumé de l'église où repose le corps de Sainte Sigolène et ses dépendances.

En 1971 au cours se l'extension du cimetière, la découverte d'un sarcophage en pierre déclencha une campagne de fouilles afin d'évaluer la réalité des lieux (importants d'après les légendes), de retrouver l'église primitive et annexes afin d'en reconstituer l'histoire.

Les travaux :

Troclar I
  • 14 sarcophages
  • 9 silos
  • les 2/3 de l'église (bas-côté N.E, la sacristie en totalité, la moitié du choeur, le transept nord, le four du bronzier, les vestiges du moule à cloche, de nombreuses sépultures en pleine terre et ossuaires)
  • la crypte, où reposa le corps de Sainte Sigolène, ornée sur les enduits de chaux de fresques représentant des draperies stylisées.
  • Sous le niveau du sol de circulation des silos.
  • Diverses monnaies se répartissant de 324 au XVIIème s.

Troclar III

est la continuité de la nécropole à sarcophage de Troclar I. Les plus belles formes y ont été mises au jour. Les sarcophages, orientés ouest-est, sont datables du Vè siècle. Des murs imposants existent, ils passent au-dessus des sarcophages, parfois les fondations ont brisé ses derniers. A l'heure actuelle ces bâtiments ne sont pas datés. Une fouille plus étendue étant nécessaire.

Troclar II

Situé au nord-ouest du cimetière, à 80m de l'église primitive, les travaux réalisés de 1972 à 1974, ont permis de mettre au jour une habitation excavée de dimensions modestes, 6m de long, 3.80m de large et 1.90m de profondeur. Cet habitat comportait un aménagement comprenant un âtre avec conduit de fumée des niches à 0.80m du sol et un bat-flanc taillé dans la sabline. Les différents niveaux d'occupation sont concrétisés par de la céramique allant du VIème siècle. Dans ces niveaux de l'outillage métallique des foyers épars associés à des restes de repas; deux monnaies - un as d'Agrippa 14 à 41 ap. J.C. et un dernier Raymonden fin Xème siècle.

Troclar IV

Mitoyen au nord du cimetière de Lagrave, le site de Troclar IV a vu se dérouler trois campagnes de fouilles, 1993 - 1994 - 1995. Sur une surface de 1400m2 81 silos ont été fouillés. Ils ont livré un mobilier qui met en évidence la vie quotidienne du peuple dans le haut moyen-âge. Les céramiques, nombreuses, lorsqu'elles ne peuvent être reconstituées possèdent des formes archéologiques complètes. Trois datations au C14 confirment une période couvrant les VIIème au XIII siècle.
Plusieurs petits bâtiments, dont deux excavés et trois semi-excavés, confirment la légende qui veut que ce soit en ce lieu que sainte Sigolène fonda son monastère avec hospice et hôtellerie pour les Pèlerins. Les diverses monnaies rencontrées étayent les écrits de sa "vie". Le follis Byzantin de Basile I de 870 - 879 conforte le passage de pèlerins de retour de Jérusalem, plus tard les monnaies, coquilles saint Jacques, confirment le passage des pèlerins pour saint Jacques. Pèlerins en provenance du PUY, du Valentinois...
Les petits bâtiments sont dans la tradition des premiers monastères à "l'aure".

Qui était Sigolène ?

D'origine Franque Sigolène est née à Albi et a vécu entre 620 et 670.
Son père, duc, fut envoyé dans l'Albigeois par le roi d'Austrasie afin de contenir les attaques de cette contée par les Aquitains. Sigolène fut mariée à l'âge de douze ans, veuve dix années plus tard elle souhaite prendre le voile, souhait auquel son père s'oppose dans un premier temps. Devant l'entêtement de sa fille le père se résigne et lui construit un monastère, dans les terres lui appartenant au lieu dit Troclar, avec hospice et hôtellerie pour les pèlerins. La légende veut qu'elle ait guéri des "lépreux et effectué de nombreux exorcismes".
En 1062, lors de la restitution de biens religieux détenus par des laïcs, il est fait la mention dans l'acte qui remet les biens à saint Victor de Marseille, l'église où repose le corps de sainte Sigolène.
Note : une église à Metz, capitale de l'Austrasie, sous le vocable de sainte Sigolène depuis 850, et les Carolingiens ont inclus Sigolène dans leur généalogie (ceci confirme son appartenance à la nation Franque).

Le Musée

Le mobilier mis au jour sur le site de Troclar est exposé dans deux salles situées dans l'ancien monastère du village. Il est ouvert toute l'année à la demande, les mercredis et samedis des mois de juillet et août de 9 à 12H et de 15 à 18H. 

Un nouvel espace d'exposition baptisé Archéocrypte est en cours de réalisation dans l'enceinte du futur bâtiment culturel de Lagrave. Son ouverture est prévue pour juin 2002.