Jean Lautier

Rabastens, 4 janvier 1923
Albi, 12 février 1990

Archéologue

Fils d'un comptable au Saut-du-Tarn et d'une institutrice, il fait carrière dans les Postes et accomplit en parallèle une belle vocation de chercheur. A vingt ans, il sert dans les chantiers de la Jeunesse, puis lutte pour la Libération (1944); combattant autour de Royan 1945), il y rencontre un Albigeois féru de cavernes. Dès qu'il le peut, il rejoint le Spéléo-Club fondé par ce dernier à la fin de 1946, réalisant leur voeu commun. L'exigence professionnelle l'éloigne certes d'abord, mais il reste fidèle au Club. En 1950 il en est déjà, quoiqu'autodidacte, "le technicien" (Jarlan), et l'oriente vers l'archéologie scientifique. Il s'appuie sur tous moyens d'étude et commence à reconnaître les collections du musée d'Albi. En 1951, en poste à Toulouse, il se relie au directeur régional des Antiquités préhistoriques, Louis Méroc. Il encourage la formation (15 janvier 1953, à Sorèze) d'une Fédération départementale de spéléologie. Bientôt, sous son impulsion, elle se transforme (17 nov. 1956) en Fédération tarnaise de spéléo-archéologie. Il en est le secrétaire général, avant d'en être élu président à trois reprises: 1970, 1978-79 et 1982. Avec elle, il lance dès 1957 les chantiers d'un fichier tarnais de spéléologie, d'une carte spéléologique du Tarn, d'une exposition itinérante de spéléologie et d'archéologie. Il entre le 12 nov. 1953 à la SSABLT, dont il sera vice-président de déc. 1959 à déc. 1985. Son rôle y fut très fécond : vingt-cinq communications, dont six publiées dans le BSSABLT, comme celle lue lors des Journées du centenaire (avril 1978), sur Le champ d'urnes de la Maladrerie à Albi. Par le Spéléo-Club d'Albi, il accède en 1951 à la FSIT, il participe à sa vie avec le même sérieux, y dirige en 1970-71 l'enquête sur les musées locaux. Il en est vice-président de 1956 à son décès. Au Sporting-club albigeois, il se fait instructeur, forme à un travail d'équipe et en recueillera les fruits lors de fouilles comme celles de la ville d'Albi (chantiers de l'hôtel du département, de la place Jean Jaurès, de la Maladrerie, du Patus-Cremat, etc.). Il conduit la FTSA à publier le bulletin annuel Travaux et Recherches (1962 à 1979), puis, en 1984, le Comité départemental d'archéologie à éditer la revue Archéologie tarnaise. On doit à Jean L. le classement des collections archéologiques du musée d'Albi, dont il fut administrateur vigilant depuis 1959, et la création de la galerie archéologique, devenue permanente la même année, remaniée et inaugurée le 4 juillet 1972 par le ministre Jacques Duhamel - l'établissement en 1980-81 de la Carte des mégalithes du Tarn - de nombreuses publications dans plus de dix périodiques locaux (RT), régionaux et nationaux, fruits d'une foule de travaux dirigés sur le terrain, au nombre desquels on signalera le chantier de Bemiquaut à Sorèze, le suivi et l'interprétation des découvertes de statues-menhirs dans le Ségala et le Lacaunais, les fouilles de Lagrave (confession de Sainte-Sigolène)... Devenu le spécialiste incontesté des Antiquités du Tarn, il rédigea la synthèse des origines d'Albi dans l'Histoire d'Albi dirigée par J.-L. Biget (chapitres I et II, 1983). Correspondant de la Commission supérieure des Monuments historiques. il fut désigné vers 1960 comme correspondant départemental des deux directions des Antiquités préhistoriques et historiques.

Membre de diverses associations et commissions, titulaire de plusieurs décorations, il disparut trop tôt, des suites d'une grave maladie de coeur, pour laisser la grande synthèse qui eût pu être le fruit de sa retraite d'inspecteur des Postes, prise en 1983.